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1892, ses supérieurs l'envoient comme vicaire à Saint-Ouen. Il y
développe les patronages et s'occupe du catéchisme. Mais, pressentant
les expulsions prochaines des congrégations religieuses enseignantes,
il demande et obtient d'être nommé curé de paroisse dans le diocèse
de Paris. Il cesse d'être Oblat, tout en "restant de cœur attaché"
à sa Congrégation, comme le lui demande son supérieur, le Père Brisson.
Le
14 septembre 1900, le Père Lamy s'installe à La Courneuve. Il consacre
sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie, Refuge des Pécheurs, et fonde
les confréries du Sacré Cœur et du Cœur de Marie…. Le Père Lamy
porte beaucoup d'amour pour cette mère qui peut tout réparer même
ce qui est le plus mal parti, même ce qui semble irrécupérable :
" Si Dieu dans sa colère, brisait le monde, Marie lui en rapporterait
les morceaux."
Ses
paroissiens de La Courneuve, de braves maraîchers et ouvriers,
sont bavards à la messe ; et pour cause, ils commercent tandis que
le bon Père fait son sermon… Un jour il s'écrie " Vendez vos
pommes, vendez vos navets : je vous donne deux minutes pour cela,
mais écoutez la parole de Dieu !" Pris en faute comme des gamins,
ils retiennent la leçon ; tous apprennent vite à connaître
cet homme empreint de Dieu et lui offrent qui une botte de carottes,
qui des oignons ou un chou.
Sans
relâche il porte la communion aux malades, visite les familles,
va chercher les âmes en perdition, baptise les enfants, sème la
bonne parole dans cette banlieue de la "zone" où les pauvres gens
s'entassent. Il aime ces populations d'humbles gens, de chiffonniers
; " Mes chers biffins !" dit-il avec affection, "voilà
mes palais et mes princes !"
Pour
aider les plus démunis, il fonde le Vestiaire de l'Enfant-Jésus.
Triste
de voir combien les enfants s'éloignent rapidement de Dieu, il décide
de fonder pour eux des patronages. En 1905, on inaugure, rue Villot,
un patronage pour les filles et un an plus tard celui des garçons,
rue de la Convention.
De
cent premiers communiants, en peu de temps la commune est passée
à quatre cents. Seul vicaire pour vingt trois mille âmes, il fait
un travail d'apostolat remarquable " Je ne me
plais que là où il manque quelque chose. Et quand il ne me manque
rien, c'est là que je ne suis plus à l'aise."
Pour
lui la guerre est inévitable et a pour causes le travail du dimanche,
les blasphèmes et ce qu'il appelle "la prostitution dans le mariage".
Sa mission est simple : il confesse des centaines et des milliers
de soldats de passage à la gare de La Courneuve, assistant les mourants,
enterrant les morts, recevant dans son église les aumôniers de passage.
" Pour Pâques, j'étais débordé, j'avais jusqu'à mille confessions
pascales. Quelquefois, j'avais à confesser deux cent prêtres qui
revenaient par fournées, j'étais épuisé…." |