"
Il était un paradoxe vivant :
catholique au fond de son cœur,
prêtre dans l'essence même de sa nature,
il était ami des protestants, des orthodoxes, des anglicans.
" professeur
Léon Zander |
| Prière
:
" Seigneur Jésus, qui à
la veille de mourir pour nous, as prié pour que tous
les disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père
et ton Père en toi, fais nous ressentir douloureusement
l'infidélité de notre désunion. Donne
nous la loyauté de reconnaître et le courage
de rejeter ce qui se cache en nous d'indifférence,
de méfiance et même d'hostilité mutuelle.
Accorde-nous de nous rencontrer tous en
toi afin que de nos âmes et de nos lèvres monte
incessamment ta prière pour l'unité des chrétiens
telle que tu la veux, par les moyens que tu veux. "
|
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Né en 1881, décédé
en 1953. Originaire de Lyon. Issu d'une famille bourgeoise
chrétienne, il se destine dès ses études
secondaires terminées à la prêtrise. Il
enseigne toute sa vie au collège des Chartreux. Il
donne un nouveau souffle à l'œcuménisme
en lui ouvrant les voies de la prière commune, une
prière pour " l'unité que Dieu voudra par
les moyens qu'il voudra." Avec lui la semaine annuelle
de prière catholique qui depuis 1908 avait pour objectif
la conversion et le retour des frères séparés
peut dès lors prendre un caractère commun à
toutes les confessions chrétiennes et se répandre
à travers le monde. Il est revendiqué par tous
: chrétiens, protestants, anglicans, orthodoxes. |
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Sources :
- "Théo" - Nouvelle encyclopédique
catholique
- M. Villain "l'abbé Paul Couturier "
- "Panorama" hors série 29
Liens :
Site internet : http://oecumenisme91.cef.fr

Paul Couturier |
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" L'abbé vivait intensément
en Dieu. " M. Villain
"
Son rayonnement dans le monde chrétien tient fondamentalement
à la qualité de sa prière et à
sa dimension de pauvreté. " Père Michalon.
"
Nous l'avons entendu prier son Père pour que nous
soyons Un, consommés dans l'unité. Mais nous
n'avons pas encore permis que le Père exauçât
la prière du Fils. Nous avons fait obstacle ; nous
continuons de faire obstacle au Don suprême de l'unité.
Pas un seul d'entre nous qui puisse jurer qu'il est innocent
du péché collectif de la chrétienté.
"
"
Dans le professorat comme partout et toujours, il vécut
pauvrement, d'une dignité sacerdotale souveraine, fort
au-dessus de tout vulgaire souci de retour sur soi et de profit
personnel." Un de ses confères professeur
"
L'abbé Couturier voyait les choses dans leur simplicité
nue et en jugeant de même. Il était le contraire
des opportunistes qui misent sur le succès momentané
et qui étant toujours de l'opinion régnante,
seraient étonnés de leurs contradictions successives
s'ils s'en apercevaient. C'est pourquoi, fidèle à
lui-même et en avance sur son temps, ses propos faisaient
figure de paradoxes et d'utopies. " un de ses anciens
élèves Jean Escoffier
"
Dans l'ascension spirituelle de l'abbé, il n'y
eut pas de chemin de Damas qui bouleverse une vie… Toute
sa vie il eut la même spontanéité d'obéissance
et de fidélité. C'est pourquoi lorsqu'il ressentit
la souffrance de la division de ceux qui adorent un même
Christ, il se fit l'apôtre de l'unité chrétienne.
" M. Carlhian
"
L'abbé Couturier a été un serviteur
magnifique de l'Eglise, celui que nous pleurons fut un précurseur
et un exemple. " Cardinal Gerlier
"
Il nous laisse l'exemple d'une patience inlassable et d'une
charité obstinée dans la poursuite de ce but
si clair et si mystérieux tout à la fois : l'Unité
de tous ceux qui ont pour seul Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.
" Pasteur Roland de Pury
"
Il était un grand chrétien, un vrai prêtre…
Que la cause œcuménique ait trouvé en l'Eglise
romaine un promoteur si vénérable est une bénédiction
pour cette Eglise comme pour les communautés chrétiennes
séparées. Son œuvre est indissolublement
liée à l'idéal œcuménique
qui attire de plus en plus la conscience chrétienne.
" Alexandre de Weymarn, directeur du service œcuménique
de Presse en 1953
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| -1-
Sa jeunesse |
| "à
l'élévation, le geste du nouveau prêtre, lent
et profondément adorateur, aurait ému un incroyant
invétéré." |
Paul
Couturier est né à Lyon en 1881.
C'est le deuxième et dernier enfant d'une famille de la bourgeoisie
moyenne profondément chrétienne. Sa sœur Marie-Antoinette,
est son aînée de deux ans.
Lorsque M. Couturier père qui possède
une usine de produits chimiques connaît des revers de fortune,
la famille quitte la France et s'installe à Alger puis revient
finalement à Lyon quelques années plus tard.
Paul a douze ans et entre au collège
des Lazaristes. Il obtient son bac moderne en 1899 et son bac de
maths en 1900.
Aux yeux de ses camarades de classe
il est " le pieux et le sage". Il est vrai qu'il baigne
dans un climat de foi : sa jeune tante est religieuse
de la Congrégation de Nazareth et son grand-oncle
est le chanoine Louis Planus de la Société des prêtres
de Saint-Irénée (dits aussi missionnaires
Chartreux) et vicaire général d'Autun.
S'est-il confié à son grand-oncle ? Ses études
secondaires terminées, il manifeste le désir de devenir
prêtre et entre à 19 ans au noviciat des "Chartreux."
Il est ordonné
prêtre de la Société Saint-Irénée
le 09 juin 1906, l'année de la séparation
de l'Eglise et de l'Etat, et célèbre sa première
messe en l'église St Bruno des Chartreux. L'un des servants,
devenu son ami, Alexandre Wottling, se rappelle qu "à
l'élévation, le geste du nouveau prêtre, lent
et profondément adorateur, aurait ému un incroyant
invétéré."
Destiné à
l'enseignement, il prépare sa licence de sciences
physiques de 1906 à 1909 et est nommé ensuite professeur
au collège des Chartreux, fonction qu'il assumera jusqu'en
1946. Mobilisé durant la Première Guerre
Mondiale, il est infirmier au Service de Santé.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale il est arrêté par
la Gestapo le 11 avril 1944, est interné au fort Montluc.
Mis sous la surveillance de la Wehrmacht et non de la Gestapo, il
ne sera ni torturé, ni maltraité comme nombre de ses
concitoyens et sera libéré quelques mois plus tard
sans savoir la raison de son arrestation.
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| -2-
Vocation oecuménique |
L'abbé se dévoue auprès de ces malheureux,
leurs relations se résumant bien souvent dans le don de son
cœur ; il écoute, conseille, soutient, rassure, dépanne
financièrement à l'occasion car lui-même est
un homme simple, d'une santé fragile, vivant dans un extrême
dénuement.
Il est persuadé que la prière
est la seule forme d'union possible.
Il crée la Semaine pour l'Unité
en 1935. |
Une
retraite ignatienne le conduit à s'engager très activement
auprès des réfugiés russes dès
1923. Ils seront bientôt dix mille à Lyon
et l'abbé se dévoue auprès de ces malheureux,
leurs relations se résumant bien souvent dans le don de son
cœur ; il écoute, conseille, soutient, rassure, dépanne
financièrement à l'occasion car lui-même est
un homme simple, d'une santé fragile, vivant dans un extrême
dénuement. Pendant 12 ans, jusqu'en 1935,
il va bien connaître les prêtres orthodoxes de la colonie
russe lyonnaise.
Puis son séjour
en 1932 au prieuré bénédictin d'Amay
sur Meuse en Belgique (aujourd'hui Chevetogne) constitue une seconde
étape importante.
A partir de cette époque,
il institue l'Octave de prière pour l'unité. En
1935 elle est déjà en vigueur dans l'Eglise
catholique depuis le début du siècle mais au lieu
de limiter ces prières au retour des chrétiens séparés
à l'Eglise romaine, il renouvelle l'Octave en proposant à
l'ensemble des chrétiens de prier en commun pour "
l'unité que le Christ veut par les moyens qu'il voudra." |
Ces
premières rencontres ont lieu chez les sœurs de l'Adoration
réparatrice au 10 rue Henri IV à Lyon.
Dans un article sur "l'universelle
prière des chrétiens pour l'unité chrétienne",
il jette les bases du volet spirituel de l'œcuménisme
dont la théologie est développée à la
même époque, dans les années trente, par le
Père Congar. L'abbé Couturier en précise l'intention
en disant
"nous comprenons cette Octave comme
une convergence de prières de chaque confession chrétienne
en pleine liberté et indépendance vers le Christ que
nous aimons, adorons et prêchons. " Il est
persuadé que la prière est la seule forme d'union
possible.
Il crée
la Semaine pour l'Unité en 1935.
Dès lors la Semaine Universelle pour l'Unité des Chrétiens
connaîtra un essor extraordinaire à travers l'ensemble
du monde chrétien. |
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| -
3- Le
groupe des Dombes |
| Toute
sa vie n'est qu'un appel pressant adressé à tous les
chrétiens pour les inviter à retrouver le chemin de
l'unité. |
En
1936 : il organise à Erlenbach en Suisse la première
rencontre spirituelle interconfessionnelle ( catholiques et protestants
) qui donnera naissance en 1937 au "
Groupe des Dombes " fondé avec le Père Villain,
ainsi appelé car ils se réunissent à la Trappe
des Dombes dans l'Ain. C'est en fait un groupe
de théologiens catholiques et protestants français
se réunissant pour confronter les positions de leurs Eglises
respectives sur les grands points faisant encore obstacle à
l'unité. Leurs travaux ont au fil des années un
grand retentissement dans les Eglises et aboutissent à
des textes validés par le Conseil Œcuménique.
De passage en Angleterre
en 1937 et 1938, il découvre
l'anglicanisme. De même il est en relation avec frère
Roger Schutz, le fondateur de Taizé. (La communauté
de Taizé fondée par des protestants suisses et vivant
dans un style monastique est aujourd'hui internationale et interconfessionnelle,
elle comprend des frères catholiques.)
Toute sa vie n'est qu'un
appel pressant adressé à tous les chrétiens
pour les inviter à retrouver le chemin de l'unité.
En 1944
son texte Prière et unité chrétienne
qui deviendra son testament spirituel est achevé.
En 1952
le titre d'archimandrite du patriarcat d'Antioche
lui est attribué en signe de reconnaissance pour son engagement.
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4-
Son décès |
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Il
meurt le 24 mars 1953, au petit matin, à son domicile,
5 rue du Plat à Lyon, d'une nouvelle crise cardiaque.
Il a 72 ans. Ses funérailles ont lieu à l'église
saint Bruno des Chartreux en présence du Cardinal Gerlier.
Il est enterré au cimetière de Loyasse.
Il
est revendiqué par tous : chrétiens, protestants,
anglicans, orthodoxes. C'est au dire de son ami M. Villain le "
seul prêtre au monde jouissant de ce privilège."
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5-
L'abbé Couturier intime |
| |
IL
se prêta un jour au jeu des questions réponses :
Quelle est votre qualité
préférée ? L'audace prudente.
Quelles sont les fautes pour lesquelles vous montrez le plus d'indulgence
?Celles pour lesquelles le Christ semble en
avoir eue.
Quel homme vous inspire le plus de répugnance ? Le
satisfait.
Que voudriez-vous être ? Ce que je n'ai
pas été et aurais dû être.
Quelle est votre devise ? Mes petits enfants
aimez-vous les une les autres.
Quel est votre livre préféré ?
La Bible.
Quel est le succès qui vous tient le plus à cœur
? Réunir ce qui est séparé.
Quelle est votre principale préoccupation ? Réfléchir.
Quelle est votre principale distraction ? Errer
dans la forêt.
Quel est votre sport favori ? Marcher sur
les hauts lieux.
Qu'avez-vous rencontré de plus surprenant ?
Un homme humble.
Quel est l'objet pour lequel vous avez le plus d'aversion ? Se
clore.
Qu'il y a t'il de mieux qu'ici ? L'intense
vie silencieuse de la forêt et du tabernacle.
Quel est le plus grand bonheur dans la vie ? Devenir
et faire contribuer à faire devenir.
Quel est votre objet d'art préféré ? Le
sermon sur la montagne d'Eugène Burnand.
|
Textes et photos recueillis et mis en forme par Martine Mainguy |
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